Biographies

Lundi 13 juin 2011 1 13 /06 /Juin /2011 08:42

 

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   Jean Ier de Bourgogne, dit Jean sans Peur, duc de Bourgogne, comte de Flandre, d'Artois et de Charolais, comte palatin de Bourgogne, seigneur de Mâcon, Châlons et autres lieux (° 28 mai 1371 à Dijon - † 10 septembre 1419 à Montereau-Fault-Yonne), fut près de reconstituer l'ancienne Lotharingie ; mais faute d'avoir su s'imposer aux Anglais, ce prince réformiste ne parvint pas à contrer la réaction du parti Armagnac.

 

    Il perdit finalement Paris et trouva la mort lors d'une entrevue avec son rival, le dauphin (futur Charles VII de France).


   Il naît le 28 mai 1371 au palais des ducs de Bourgogne à Dijon. Il est le fils aîné du duc Philippe II de Bourgogne (dit Philippe le Hardi) et de la duchesse et comtesse Marguerite III de Flandre.


   Il est le frère d'Antoine de Bourgogne, comte de Rethel, puis duc de Brabant et de Limbourg.

Il est d'abord comte de Nevers en 1384, comté qu'il cède à son frère Philippe en 1404, lorsqu'il hérite du duché de Bourgogne.


   À l'appel du roi Sigismond de Hongrie, menacé par la progression des Turcs Ottomans, il réunit une armée qui combat le sultan Bayezid Ier, mais est vaincu à Nicopolis le 25 septembre 1396. Son père, Philippe emprunta pour payer sa rançon 200 000 florins à son conseiller Dino Rapondi, un banquier de Lucques .


   Son père meurt le 27 avril 1404. Il prête hommage au roi Charles VI le 23 mai  1404 et fait son entrée à Dijon le 17 juin 1404. Le 21 mars 1405, c'est sa mère qui meurt et, après l'hommage rendu le 26 août 1405, il prend possession des comtés de Flandre, d'Artois et de Bourgogne. Le 26 janvier 1406, il se fait reconnaître les droits acquis par son père sur la tutelle des enfants de France. Le roi le fait lieutenant général pour la Picardie et la Flandre. Il prend sous sa protection l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun et avait constitué six gardiens spéciaux charger de veiller à tous les intérêts de l'abbaye. Il autorise en outre à marquer de ses armes toutes les maisons des sujets de cette Abbaye, en signe de sauvegarde. La folie du roi Charles VI entraîne la création d'un conseil de régence présidé par la reine Isabeau de Bavière et où s'opposent de façon irréductible le frère de Charles VI : Louis d'Orléans et le cousin germain de Charles VI : Jean sans Peur. Celui-ci fait assassiner le duc Louis d'Orléans le 23 novembre 1407, ce qui lui vaut d'être exclu du conseil de régence.

   Le 23 septembre 1408, il écrase les Liégeois à la bataille d'Othée, obtient l'alliance des duché de Luxembourg et de Lorraine, et continue la construction de l'État bourguignon.

Allié à la reine Isabeau de Bavière, il s'empare de l'autorité royale et reçoit en novembre 1411 la mission de chasser les Armagnacs, mais la Paix d'Arras (4 septembre 1414) l'écarte du gouvernement. En 1416, profitant de la mort du duc Jean Ier de Berry, il s'empare du comté de Boulogne au détriment de la veuve, Jeanne d'Auvergne. Le 29 avril 1417, à Constance, il s'allie avec l'empereur.


   Les Armagnacs considèrent la reine Isabeau de Bavière comme suspecte à leur cause et l'écartent du pouvoir, mais Jean sans Peur la rejoint et constitue avec elle à Troyes un gouvernement opposé à celui des Armagnacs. Après avoir suscité, le 12 juin 1418, une insurrection au cours de laquelle le comte Bernard VII d'Armagnac est massacré, ils rentrent à Paris le 14 juillet 1418 où ils transfèrent le gouvernement de Troyes.


   Jean sans Peur est assassiné le 10 septembre 1419 par quelques hommes de main des Armagnacs à l'occasion d'une entrevue avec le dauphin à Montereau-Fault-Yonne près de Paris. À sa mort, il paraît que l'on était incapable de lui fermer les yeux. Son corps est ramené d'Auxerre à Avallon par Claude de Chastellux qui le remet ensuite à Guillaume de la Tournelle chargé du trajet jusqu'à Dijon.


   Comme son père Philippe le Hardi, Jean sans Peur a été enterré à la Chartreuse de Champmol. Philippe le Bon, fils et héritier de Jean sans Peur, se charge de lui faire exécuter un tombeau monumental, digne de son rang de prince, sur le modèle de celui de Philippe le Hardi. La commande en est donnée à Claus de Werve, alors sculpteur officiel des ducs de Bourgogne, qui avait achevé le tombeau de Philippe le Hardi. Le chantier dure en longueur et à la mort de Claus de Werve en 1439, le chantier est confié à son successeur Jean de la Huerta. Il est achevé par un troisième sculpteur, Antoine le Moiturier.


   Le tombeau de Jean sans Peur est copié sur celui de son père. Il s'agit donc d'un gisant sur dalle noire, avec un cortège de pleurants en soubassement. Jean sans Peur partage son tombeau avec son épouse, Marguerite de Bavière. La qualité est comparable à celui de Philippe le Hardi, bon nombre de pleurants sont même des copies conformes des pleurants du tombeau de Philippe, mais par la suite, lors du remontage des tombeaux, les pleurants ont été mélangés, rendant difficile toute comparaison stylistique.

 

Jean-sans-peur.jpg   Déplacé à Saint-Bénigne en 1792, le tombeau est aujourd'hui, comme celui de Philippe le Hardi, présenté au musée des Beaux-Arts de Dijon.

 

 

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                                Ecu de Jean sans peur

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Jeudi 9 juin 2011 4 09 /06 /Juin /2011 07:12

   Jacques-Bénigne Bossuet, (27 septembre 1627 à Dijon - 12 avril 1704 à Paris) était un homme d'Église, prédicateur et écrivain français.

 

Jacques-Bénigne Bossuet 3

       Portrait de Bossuet par Hyacinthe Rigaud

     

 

    Originaire d'une famille de magistrats, il fut d'abord placé chez les Jésuites de Dijon, qui lui dispensèrent une éducation classique (apprentissage du grec et du latin). Il vint à 15 ans achever ses études à Paris, au collège de Navarre, où il eut pour maître Nicolas Cornet : il y étudia en profondeur la philosophie et la théologie. Pourtant destiné au sacerdoce, il fréquenta pour quelque temps les mondains : Corneille ne lui déplaisait pas, il s'adonnait à l'écriture de vers précieux et ne dénigrait pas l'Hôtel de Rambouillet. Ordonné sous-diacre à Langres en 1648, il rompit avec le siècle et rédigea une Méditation sur la Brièveté de la Vie, qui porte les traces de ses futurs ouvrages. La même année, il exposa le principal de ses idées sur le rôle de la Providence, dans sa Méditation sur la félicité des saints. Il est considéré comme un des plus grands orateurs que la France ait jamais connus. En 1652, reçu docteur en théologie, il est ordonné prêtre : il devient l'archidiacre de Sarrebourg dans le même temps, puis, en 1654, celui de Metz.

 

   Appelé souvent à Paris, il commença à s'y faire une grande réputation pour ses sermons et ses panégyriques des saints. Il prêcha un avent et un carême devant la reine-mère et devant le roi, et opéra parmi les Protestants un grand nombre de conversions, entre lesquelles on cite celles de Turenne et de sa nièce Mademoiselle de Duras, de Dangeau. C'est pour l'aider à accomplir ces conversions qu'il rédigea son Exposition de la doctrine de l'Église. Bossuet subit plusieurs influences : celles du jésuite Claude de Lingendes, des jansénistes Saint-Cyran et Singlin, et celle plus remarquable de Vincent de Paul. Ce dernier tenait, à Saint-Lazare, des conférences sur la prédication, auxquelles Bossuet assistait. Son éloquence en fut marquée, elle se fit plus proche et plus simple.

La plupart de ses discours improvisés sont perdus. Quelques heures avant de monter en chaire, il méditait son texte, jetait sur le papier quelques paroles, quelques passages des Pères, pour guider sa marche ; quelquefois il dictait rapidement de plus longs morceaux, puis se livrait à l'inspiration du moment, et s'étonnait de l'impression qu'il produisait sur ses auditeurs.

Il ne nous est parvenu que deux cents environ sur les cinq ou six cents sermons prononcés, car Bossuet ne les considérait pas comme des œuvres littéraires dignes d'être imprimées. C'est à la fin du XVIIIe siècle que certains sermons furent conservés, grâce au travail de Dom Deforis. Cependant, ce ne sont en réalité que des brouillons, alourdis par les ratures et les variantes, et qui ne nous offrent qu'une idée approximative de sa prédication.

 

   Le 21 septembre 1670, Charles-Maurice Le Tellier devenu archevêque de Reims, consacre, avec l'assentiment du Pape, Jacques Bénigne Bossuet comme évêque de Condom (Gers), en l’église des Cordeliers à Pontoise ; mais l'année suivante il renonce à ce poste pour celui de précepteur du Dauphin, fils de Louis XIV.

 

 

   Il devient précepteur du dauphin Louis de France, le fils du roi Louis XIV et de Marie-Thérèse en septembre 1670 mais l'éloquence du prélat est peu faite pour un enfant de 10 ans et le dauphin avouera plus tard que ses différents précepteurs l'ont dégoûté à jamais de tout effort intellectuel. Il terminera cette mission en mars 1680, date du mariage de son élève avec Marie Anne Christine de Bavière.

 

En 1681, Jacques Bénigne écrit son Discours sur l'histoire universelle dans lequel, après avoir présenté un résumé rapide des évènements, il en cherche la raison dans les desseins de Dieu sur son Église. Il y mêle Providence et référence à des sources (aussi bien la Bible et les docteurs de l’Église que les auteurs gréco-latins, comme Hérodote). « On fut étonné, dit Voltaire, de cette force majestueuse avec laquelle il a décrit les mœurs, le gouvernement, l'accroissement et la chute des grands empires, et de ces traits rapides d'une vérité énergique, dont il peint et juge les nations. » Pour le Dauphin, il écrivit aussi le Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même, dans lequel il suit en général la doctrine de René Descartes, et se montre aussi profond philosophe qu'écrivain.

 

   Bossuet s'était réservé l'enseignement de l'histoire, qu'il considérait comme fondamental pour la formation du prince. Pendant près de dix ans, il raconta au dauphin l'histoire des rois qui s'étaient succédé à la tête du royaume, en tirant de ce récit des enseignements politiques, psychologiques et moraux ; le récit fut mené jusqu'au règne de Charles IX. Le dauphin devait résumer oralement la leçon, puis la rédiger en français et la mettre en latin sur des cahiers qui ont été conservés.

Il écrivit lui-même les livres de classe pour son royal élève.

 

   En 1681, lorsque l'éducation du dauphin fut achevée, il fut nommé évêque de Meaux (d'où la périphrase « l'Aigle de Meaux », parfois utilisée pour le désigner) et se livra dès lors aux soins de l'épiscopat, fit de fréquentes prédications, rédigea le célèbre Catéchisme de Meaux (1687) et composa pour des religieuses de son diocèse les Méditations sur l'Évangile et les Élévations sur les Mystères.

À cette activité épiscopale il joignait une œuvre de théologien : la controverse contre le protestantisme. Il publia notamment l'Histoire des variations des églises protestantes (1688). Le ministre protestant Pierre Jurieu ayant répondu à cet ouvrage, Bossuet publie les Avertissements aux protestants sur les lettres du ministre Jurieu contre l'Histoire des variations. Dans le cinquième de ces Avertissements, il nie la thèse du contrat explicite ou implicite entre le prince et ses sujets, que soutenait Jurieu, et formule la phrase célèbre : « De condamner cet état [= l'esclavage], ce serait non seulement condamner le droit des gens, où la servitude est admise, comme il paraît par toutes les lois; mais ce serait condamner le Saint-Esprit, qui ordonne aux esclaves, par la bouche de saint Paul, de demeurer en leur état, et n'oblige point leurs maîtres à les affranchir », phrase que Flaubert fera figurer dans son Sottisier.

 

   Bossuet joua un grand rôle de prédicateur et de directeur de l'assemblée du clergé de France.

Dans l'assemblée du clergé de 1682, à l'occasion des démêlés entre le roi et le pape, il fut l'auteur de la déclaration sur les libertés de l'Église gallicane en 1682, qui fixait les limites du pouvoir du Pape, et rédigea les Quatre articles de 1682 qui sont demeurés une loi de l'état et qui ont donné lieu à de vives discussions. Le pape en fut très irrité et les fit brûler.

Cette déclaration du clergé de France, plus communément appelée Déclaration des quatre articles, fixe jusqu’à la fin de l’Ancien régime la doctrine des libertés de l’Église gallicane. Elle aura une énorme influence sur l’histoire de l’Église de France, prédisposant aux futures réformes religieuses des Constituants dans la Constitution civile du clergé de 1790.


   Monseigneur François de Caulet est l'un des deux évêques, avec celui d’Alet, qui se sont opposés à la politique gallicane de Louis XIV, qui culminera avec la Déclaration des quatre articles rédigée largement sous l'égide de Bossuet. Ces deux évêques semblaient d’obédience janséniste, mais dans ce contexte précis, il y a eu convergence d'intérêt avec Rome, ce qui fait de Caulet et, après la mort de celui-ci en 1680, de son Vicaire Antoine Charlas, des "ultramontains" avant la lettre - ce terme n'existe pas au XVIIe siècle, mais la réalité qu'il recouvre existe bel et bien.

 

   Bossuet se trouva par là en lutte avec Fénelon, qui penchait vers le quiétisme : il poursuivit son adversaire à la fois auprès du roi, qui disgracia et exila l'évêque de Cambrai, et auprès du pape, qui condamna les Maximes des Saints où il soutenait la doctrine de l'amour de Dieu pour lui-même, sans aucun mélange de cette crainte que les théologiens appellent servile. On lui reproche d'avoir porté trop d'aigreur dans cette affaire.

 

   Après une lente et douloureuse agonie, Bossuet mourut à Paris le 12 avril 1704 de la maladie de la pierre. L'autopsie eut lieu le lendemain. "On trouva dans sa vessie qui était toute gâtée, une pierre grosse comme un oeuf" écrit l'abbé Ledieu.

 

 

 

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   Sur la place Saint-Jean à Dijon, devenue place Bossuet, quoi de plus normal qu’une statue de… Bossuet ? L’érection du grandiose monument, pourtant, n’alla pas de soi. C’est que l’idée avait été lancée par Mgr Le Nordez, le plus contesté des évêques de Dijon. Après sa démission forcée, la statue demeura longtemps à Saint-Bénigne, avant qu’on ne se décide en 1921 à l’inaugurer en grande pompe.

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Mardi 7 juin 2011 2 07 /06 /Juin /2011 06:57

   Philippe III de Bourgogne, dit Philippe le Bon (Dijon, 1396 - Bruges, 1467), prince français de la troisième branche bourguignonne de la dynastie capétienne et duc de Bourgogne et des Pays-Bas bourguignons de 1419 à 1467 et autres titres.

 

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   Né à Dijon le 31 juillet 1396, il est le fils unique du duc de Bourgogne Jean sans Peur et de Marguerite, fille du duc Albert de Bavière. Il est le père du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, qui lui succède.

Le règne du duc Philippe est marqué par : son alliance décevante avec l'Angleterre (traité de Troyes du 21 mai 1420), l'ascension irrésistible de Charles VII au trône de France (1429), la réconciliation (aux allures de retournement d'alliance) de la Bourgogne avec la couronne de France (traité d'Arras du 20 septembre 1435), l'accroissement du domaine héréditaire des ducs de Bourgogne (avec notamment la constitution entre 1429 et 1433 des Pays-Bas bourguignons, renforcés en 1443 du duché de Luxembourg), enfin l'acquisition d'une indépendance de fait pour ce qu'on appelle aujourd'hui l'État bourguignon.


   Philippe devient duc de Bourgogne le 10 septembre 1419, à la mort de son père, Jean sans Peur, poignardé sur ordre de son ennemi, le dauphin Charles (futur roi Charles VII de France). Il décide, lors d'une rencontre du 25 décembre 1420, de maintenir l'alliance avec l'Angleterre contre les rois de France afin de venger le meurtre de son père Jean sans Peur avec l'aide du roi Henri V d'Angleterre. Le duc de Bourgogne Philippe Le Bon, le roi Charles VI de France et le roi Henri V d'Angleterre forment une triple alliance contre le dauphin (le futur Charles VII), dont ils mettent la légitimité en cause (il serait né d'une liaison de sa mère, Isabeau de Bavière, avec Louis d'Orléans, frère du roi de France Charles VI). Tous trois signent le traité de Troyes le 21 mai 1420, dans la cathédrale de Troyes. Le 2 juin, dans la même cathédrale, Henri V d'Angleterre épouse Catherine de Valois, fille légitime de Charles VI de France et d'Isabeau de Bavière. Il est convenu qu'après la mort de Charles VI de France, Henri V d'Angleterre deviendra roi de France par son mariage avec la seule héritière légitime du trône de France.


   Philippe de Bourgogne assiège Montereau avec l'aide d'Henri V d'Angleterre, exhume le cadavre de son père (Jean sans Peur, assassiné lors d'une entrevue sur le pont de Montereau), et le fait enterrer dans la chartreuse de Champmol de Dijon, auprès de son grand-père, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi. En tant que Pair de France, Philippe le Bon demande ensuite réparation pour le meurtre de son père, devant le lit de justice. Le chancelier Nicolas Rolin plaide pour Philippe le Bon, mais Henri V d'Angleterre refuse de sanctionner les meurtriers, trahissant ainsi la promesse faite à Rouen.


   Le 31 août 1422, Henri V d'Angleterre meurt et, avant de mourir, demande à son frère, le duc de Bedford, de confier la régence de son successeur, Henri VI d'Angleterre, au duc de Bourgogne Philippe le Bon. Celui-ci refuse.


   Le 1er septembre 1422, Henri VI d'Angleterre devient roi d'Angleterre à l'âge de dix mois. En attendant sa majorité, son oncle (le duc de Bedford, frère de son père) devient régent du royaume d'Angleterre. Le 21 octobre 1422, le roi de France Charles VI meurt à son tour. C'est ainsi que Henri VI d'Angleterre devient roi d'Angleterre et roi de France à l'âge de un an. Le duc de Bedford devient également régent du royaume de France. Le dauphin Charles de France est écarté du trône.
Cette situation marque le début de la seconde phase de la guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre. L'alliance entre la Bourgogne et l'Angleterre est renforcée en 1423 lorsque le duc de Bedford, Jean de Lancastre, épouse Anne de Bourgogne, fille du duc de Bourgogne Jean sans Peur et sœur de Philippe le Bon.
Ce rapprochement anglo-bourguignon n'a d'ailleurs pas forcément fait l'unanimité des deux camps ou partis : certains princes anglais (notamment le duc de Gloucester, les comtes de Suffolk et de Salisbury) auraient même, de 1424 à 1426, tramé un complot visant à attenter à la vie du duc de Bourgogne.


   Au décès de Jean IV de Brabant, le 5 avril 1417, époux de Jacqueline de Bavière, comtesse de Hainaut, de Zélande, de Hollande et dame de Frise, Philippe le Bon profita de la situation pour se voir confier le gouvernement du comté de Hainaut en tant qu’héritier présomptif de Jacqueline (Jacqueline était la cousine germaine de Philippe. La mère de Philippe le Bon étant Marguerite de Bavière-Straubing, fille du duc Albert) et prêta serment à Ste-Waudru de Mons : le duc de Bourgogne est mentionné dans les actes, à partir de cette époque, comme s’instituant « héritier (ou, hoir) du comté de Hainaut. »  En 1429, à la mort du marquis Jean, Philippe le Bon prend possession du comté de Namur, dans les Pays-Bas du Sud, que le marquis lui avait vendu en viager en 1421 pour 132 000 couronnes d'or avec usufruit jusqu'à sa mort.
Le 4 août 1430, Philippe le Bon devient duc de Brabant, de Lothier et de Limbourg, en succession de Philippe de Saint-Pol.

 

 


   Le 12 avril 1433, Philippe le Bon devient comte de Hainaut, de Hollande, de Zélande et seigneur de Frise après la "trahison" de Jacqueline de Bavière. Celle-ci ne conservant que le titre de "comtesse d'Ostrevant (Hainaut), avec les revenus y afférents. Ces possessions, réunies avec les autres possessions bourguignonnes du Nord (Artois, Flandre, Brabant, Namur, Limbourg), forment désormais les Pays-Bas bourguignons, même si d'autres Etats viendront les agrandir.

En juin 1441, il confirme à l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, la Charte du duc Eudes qui promet de ne rien usurper sur St-Martin.


   Enfin en 1443 la mort de la tante de Philippe le Bon, la duchesse Elisabeth de Goerlitz du Luxembourg, permet au duc de prendre possession du Luxembourg.

En 1435 à Arras des discussions s'ouvrent sur la fin de la guerre de Cent Ans et le rétablissement de la paix entre la France et l'Angleterre. Sont présents les rois d'Angleterre, du Portugal, de Pologne, de Sicile, d'Écosse, le duc Philippe le Bon et son épouse Isabelle de Portugal. Le chancelier Nicolas Rolin, fondateur des Hospices de Beaune, est l'âme et le cerveau de ces négociations. Les Anglais refusent l'annulation du traité de Troyes et quittent la négociation. La paix d'Arras est signée le 20 septembre 1435. Charles VII de France fait amende honorable pour le meurtre de Jean sans Peur et jure de punir les coupables. Charles VII confirme les territoires conquis par Philippe le Bon avec l'aide des Anglais. Bourgogne obtient de plus la rupture du lien de vassalité qui le rattachait au roi de France.



    Les Anglais, furieux contre leur ancien allié, menacent Philippe le Bon. En retour, celui-ci tente de reprendre Calais, mais le siège ayant tourné au désastre pour ses troupes, Philippe le Bon se retire en Flandre.

Le 23 mai 1430, les troupes bourguignonnes du comte Jean II de Luxembourg-Ligny et du comte de Guise assiègent Compiègne, que Jeanne d'Arc tente de défendre. Au cours d'une sortie, les Bourguignons la font prisonnière et Philippe le Bon la livre au duc de Bedford, régent de France et d'Angleterre, pour la somme de 10 000 livres. Celui-ci la confie alors à un allié des Anglais, l'évêque de Beauvais Pierre Cauchon, qui inculpe Jeanne d'Arc d'hérésie chrétienne. Le 30 mai 1431, Jeanne d'Arc, après avoir été jugée par l'Église, est brûlée vive en place du Vieux-Marché à Rouen.


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Philippe le Bon, statue au palais des ducs de Bourgogne de Dijon

 

   En 1437 une révolte éclate à Bruges contre Philippe le Bon. Il manque d'y laisser la vie, mais finalement pacifie la ville avec l'aide de Gand et d'Ypres.
En 1439, Philippe signe la paix de Gravelines avec Henri VI d'Angleterre, ce qui permet une reprise du commerce entre le royaume insulaire et la Flandre.
En 1453, c'est au tour des Gantois de se soulever; ils sont écrasés à Gavere.


   Philippe III de Bourgogne est désormais le plus puissant prince de la chrétienté et le duché de Bourgogne au faîte de sa puissance. On peut même parler d'Etat bourguignon.
Le 17 février 1454, Philippe le Bon donne le banquet du Faisan à Lille, où, suite à la prise de Constantinople par les Turcs, le 29 mai 1453, il fait le vœu (pieux et qui le restera) de lancer une nouvelle croisade.


    Début septembre 1456, le dauphin Louis (le futur Louis XI de France) passe en Bourgogne pour s'y mettre à l'abri de la vindicte de son père. Rencontrant Philippe le Bon à Bruxelles le 15 octobre, il lui demande asile. Philippe lui alloue le petit château de Genappe, à 20 km de Bruxelles, comme résidence, ainsi qu'une pension annuelle de 36 000 puis 48 000 livres. Commentaire cinglant et prémonitoire de Charles VII : « Mon cousin de Bourgogne a donné asile à un renard qui, un jour, lui dévorera ses poules ». Le dauphin de France restera à Genappe jusqu'à la mort de son père qu'il apprendra le 25 juillet 1461.


   Le 15 juin1467, Philippe le Bon s'éteint à Bruges à l'âge de 71 ans. Charles le Téméraire hérite alors du duché de Bourgogne et de tous les titres et fiefs burgundo-flamands de son père, devenant ainsi le nouveau souverain de l'Etat bourguign

 

 

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                         Armoiries de Philippe III de Bourgogne

 

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Dimanche 5 juin 2011 7 05 /06 /Juin /2011 15:45

 Notre association avait créé dès la années 80 un Prix Henry Vincenot, laissé depuis pour d’évidentes raisons a la famille de ce dernier qui fait vivre, au combien, la mémoire de ce grand bourguignon.

Le premier Prix Henri Vincenot fut remis à l’auteur Saint Loup (Marc Augier) en 1986.

 

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   Par un remarquable paradoxe, Henri  Vincenot, chantre du monde rural, enraciné, est né à Dijon, le 2 janvier1912. Les attaches campagnardes restent solides, décisives, même. Les vacances ramènent l’enfant du coté de l’Auxois, ou il devient vite expert en paysages autant qu’en humanité paysanne. Cela n’empêche pas ce bon élève de suivre les cours d’H.E.C. et après son service militaire au Maroc,  des cours de dessin et de sculpture aux Beaux-Arts de Dijon  de faire carrière dans les chemins de fer. Ces  talents de plume et de dessins sont découverts et lui valent de rejoindre pour plus de vingt ans  la rédaction de La vie du rail. Suite à cela, il y donne les fameuses chroniques des Voyages du Pr. Lorgnon, il y réalise aussi les dessins illustrant les articles, plus tard réunis dans plusieurs livres : Le professeur Lorgnon prend le train.


   Il a passé les 40 ans lorsque paraît son premiers roman : Je fus un saint. En 1954, Walther, ce boche, mon ami, évoque l’amitié d’un historien français et d’un officier allemand, passionnés de celtisme dans l’Autunois de l’occupation. Ce livre fera polémique…

Le public à la recherche d’une lecture authentique, réserve un gros succès à La Billebaude (1978) et place cette fois Vincenot dans la légende, l’envoie  sur des plateaux télé et notamment auprès de Pivot dans Apostrophes.

1982, se sont Les étoiles de compostelle. Un extrait :

   - Toi, mon fils, tu  es un celte et tu comprends ce qui est clair, simple, sain et lumineux ! Tout est maladif, tourmenté  et ténébreux chez les pauvres Judes !

   -Les Judes?

   - Les Hébreux ! ceux qui ont crucifié le Christ.

   - Pouah ! fit Jehan, méchants qu’ils étaient ? C’est pour ça qu’on les parques, a part, dans les villes ?

   -Pour ça, oui… et pour d’autres choses…

 

   En marge de ses activités littéraires, Henri Vincenot, dès que le temps lui en laisse  le loisir, sculpte  le bois ou prend le pinceau et se délasse en en peignant les paysages de la campagne bourguignonne. Il se retire à Commarin en 1968, quand il n’est pas dans son village de la Peurrye, autrefois abandonné et qu’il a reconstruit avec ses enfants.


    Il part le 21 novembre 1985, et le 23, inhumé auprès d’Andrée, son épouse, à la Peurrye, sous une Croix Celtique.


   La liste des ses ouvrages comprend près de 30 volumes, des romans, des ouvrages historiques sur les chemins de fer et sur la Bourgogne au temps de Lamartine et même un livre de recettes : Cuisine de Bourgogne. Il existe aussi, presque autant d’ouvrages inédits, romans, recueils de poèmes, mémoires, pièces de théâtre…

 

   L'œuvre d'Henri Vincenot, finalement, est profondément marquée par son attachement à la Bourgogne.


   Il remet en valeur les anciennes pratiques païennes celtiques, tout en montrant à quel point elles sont intégrées dans la culture populaire catholique. Il parle (pour ceux qui savent lire et comprendre entres les lignes) de Dieu, de la terre de nos pères, du travail et de la corporation, de la famille et du sang…   C’est pourquoi, aujourd’hui, alors que Vincenot est l’une des personnalités bourguignonne des plus populaire, on ne trouve parmi toutes ses œuvre plus qu’un seul  livre, dans les bibliothèques dijonnaises même !  

   

 

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Dimanche 5 juin 2011 7 05 /06 /Juin /2011 12:00

   Charles de Habsbourg, archiduc d'Autriche et prince des Espagnes, né le 25 février 1500 au Prinsenhof de Gand en Flandre, et mort le 21 septembre 1558 au monastère de Yuste dans la province d'Estrémadure en Espagne, est un prince de la maison de Habsbourg, considéré comme le monarque chrétien le plus puissant de son temps.


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Portrait de Charles Quint vers 1535

  

   Il a été duc titulaire de Bourgogne (souverain des Pays-Bas) sous le nom de Charles II (1515-1555), roi des Espagnes, sous le nom de Charles Ier (Carlos I), roi de Naples et de Sicile (1516-1556), mais il est resté à la postérité sous son nom d'empereur du Saint-Empire romain germanique (1519-1558), Charles V (Karl V.) (Quint signifiant cinquième en moyen français). Excepté cette dernière dignité, élective, cette accumulation de titres est le résultat involontaire d'une intense politique d'alliances matrimoniales qui a, faute d'autres prétendants, abouti à faire de Charles le seul héritier de cinq dynasties.

 

   Il est le dernier empereur germanique à nourrir le rêve carolingien d'un Empire prenant la tête de la Chrétienté. Cette ambition d'unité chrétienne face à la poussée du monde musulman dans les Balkans et en Méditerranée est brisée par l'opposition farouche et ininterrompue des rois de France François Ier et Henri II, ainsi que par la rupture religieuse provoquée par Martin Luther et les Réformes protestantes à partir de 1517. Ces deux conflits extérieurs occupent ses finances et son énergie pendant tout son règne, tandis que des révoltes intérieures en Castille, en Allemagne et dans les Flandres affaiblissent par moment les bases de son pouvoir.

 

   Au terme d'une vie de combats et de voyages, miné et désabusé par ses échecs face à la France, aux Luthériens et à sa propre famille, il finit par abdiquer et se dépouille en quelques années de ses possessions. Le 25 octobre 1555, il cède les Flandres, désormais unies et déliées du Saint-Empire, à son fils Philippe, déjà duc de Milan et roi de Naples. Il lui cèdera également les Espagnes l'année suivante et la Franche-Comté au seuil de la mort. Par une série de conventions avec son frère Ferdinand, il avait cédé dès les années 1550 les duchés Autrichiens à ce dernier. Fort de cette base germanique, c'est lui qui héritera de la couronne impériale à la mort de son frère.


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L'Empire européen de Charles Quint

 

 

 

     Citations:

 

   « Je parle espagnol à Dieu, italien aux femmes, français aux hommes et allemand à mon cheval. »


   « J'ai appris l'italien pour parler au pape ; l'espagnol pour parler à ma mère ; l'anglais pour parler à ma tante ; l'allemand pour parler à mes amis ; le français pour me parler à moi-même. »


   « Le sang de la vigne me convient bien moins que la fille de l'orge »


    « Sur mon empire, le soleil ne se couche jamais »

Par Voies de la Bourgogne Retrouvée - Publié dans : Biographies
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